On ne le répétera jamais assez : le coworking n’est pas une simple location partagée d’espaces de bureaux. Tendance profonde dans le monde du travail aujourd’hui, liée au développement de nouvelles technologies et des travailleurs indépendants, le coworking est fondé sur un socle de cinq valeurs primordiales.

Les cinq valeurs fondamentales du coworking, listées ci-dessous, ont été délimitées et travaillées par Alex Hillman, fondateur du centre Indy Hall de Philadelphie et reprises en France par La Mutinerie, l’un des plus anciens centres parisiens de coworking. Chez Cowork.io, nous avons décidé de vous les partager également, car elles correspondent à l’idée que nous aussi nous faisons du coworking aujourd’hui.

Le coworking est communautaire

Certes, vous êtes dépositaire du lieu dans lequel les membres de votre centre travaillent, certes vous gagnez votre vie grâce au coworking et vous devez gérer les multiples prestations liées à cette activité, mais vous ne devez pas oublier la première de cinq valeurs du coworking : la communauté.

D’abord parce que c’est votre communauté de membres qui façonne le lieu que vous gérez. Comme l’explique William Van Den Broek, l’un des confondateurs de La Mutinerie, lorsqu’on crée son centre de coworking, “il faut d’abord commencer par réunir une communauté pour ensuite lui proposer un espace approprié”. Vous devez concevoir votre centre à partir des voeux de la communauté que vous aurez rassemblée et non l’inverse.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas le chef de la communauté, malgré votre statut de gérant. Vous n’en êtes qu’un membre actif. Les communautés se construisent autour d’un patrimoine et d’une histoire commune, dans un environnement de confiance mutuelle, qui peut mettre du temps à s’instaurer.

Le coworking est durable

Du temps, vous en aurez : le coworking est un concept durable. Outre le fait que beaucoup de coworkers ont une sensibilité assumée à l’écologie et au développement durable, le coworking s’est voulu dès ses prémices une activité pérenne, un courant profond destiné à modifier durablement la manière de travailler.

Les fondateurs de centres de coworking ont aussi souhaité assurer très tôt l’autonomie de leurs lieux en s’appuyant exclusivement sur les revenus tirés des membres de la communauté et non en dépendant d’organismes extérieurs à leur entreprise. Une volonté affichée également pour le recrutement de nouveaux coworkers, avec peu de publicité par exemple. En France, 93% des centres de coworkers se développent grâce au bouche à oreille.

Enfin, les centres de coworking ont fait des relations durables un des piliers de leur vie communautaire. Loin des penchants de l’époque pour l’instantané, les coworkers cherchent à faire fructifier leurs relations à moyen et long terme en privilégiant les véritables rencontres, estimant avec justesse que c’est de celles-ci que naîtront les meilleurs collaborations professionnelles… et plus si affinités : 28% des centres de coworking ont vu des couples naître au sein de leur communauté.

Le coworking est coopératif

Inutile d’intégrer une communauté de coworkers ou de créer son centre si l’on n’envisage pas un minimum de coopération entre les membres de la communauté. Cette dimension est l’une des principales valeurs ajoutées du coworking, comparé à un environnement de travail traditionnel : les coworkers sont professionnellement des égaux et l’importance de leurs tâches et de leurs responsabilités n’interfère pas dans leurs relations. Le caractère durable des échanges, la diversité des compétences et les effets de réseau générés par le coworking sont des facteurs qui incitent naturellement à la coopération entre les membres d’une même communauté.

Le coworking est ouvert

La valeur d’ouverture du coworking comprends trois définitions différentes. D’abord, une capacité d’ouverture intellectuelle vis-à-vis des autres membres du groupe, qui permet à chacun d’apporter sa part dans la communauté qu’héberge un espace de travail.

Ensuite, accepter l’inattendu. A La Mutinerie, William Van Den Broek explique aussi qu’il favorise le concept de serendipité : le fait de réaliser une découverte inattendue lors d’un travail ou d’une recherche sur un autre objet ou sujet.

Enfin, le coworking entretient une étroite parenté avec le hacking : c’est un environnement sensible à la question des technologies open-source, que les coworkers ont tendance à privilégier.

Le coworking est accessible

La valeur “Accessibilité” se résume assez facilement par la phrase suivante : “si je veux, quand je veux, où je veux et avec qui je veux”. En d’autres termes, le coworking est aussi libre que flexible et accessible à tous. Pour Alex Hillman, ce facteur est déterminant à la fois dans la productivité des coworkers et dans leur épanouissement professionnel. Un coworker qui souhaiterait travailler quelques jours depuis son domicile n’a besoin d’aucune autorisation pour le faire, il est seul maître de sa manière de travailler.

Le coworking se définit comme un centre de rencontres, de compétences, d’échange et de créativité. En d’autres termes, là où les bureaux d’une entreprise classique sont principalement un moyen de rationaliser les lieux de travail de chaque employé, le centre de coworking ne se contente pas de mutualiser des mètres carrés : il agrège de manière intelligente des énergies, des projets, des idées, de la concentration, des réseaux, etc.

L’accessibilité d’un centre de coworking s’entend enfin par le fait que le gérant et la communauté compte sur l’auto-sélection pour se développer, plutôt que sur des critères discriminants lors de la candidature d’entrée. Ainsi, lorsqu’on dispose d’une communauté déjà bien formée, mieux vaut laisser sa chance à un candidat dont on doute de l‘intégration parmi les autres membres du groupe. S’il réussit, ce sera une bonne surprise et de l’expérience emmagasinée pour le gérant du centre, un atout de plus pour la communauté. S’il échoue et finit par quitter l’espace de cotravail, c’est simplement que l’auto-sélection aura joué son rôle.